Conférence mondiale sur le cacao à Berlin : un œil sur les producteurs et leurs revenus

Des rapports récents indiquent que les producteurs de cacao connaissent actuellement des difficultés à cause de la chute des prix du cacao sur le marché mondial. Si les engagements en faveur d’une culture durable font la différence, ils ne suffisent manifestement pas. Lors de la Conférence mondiale sur le cacao qui a eu lieu au mois d’avril dernier, Fairtrade a souligné la nécessité d’envisager des solutions holistiques.

23 avril 2018 – En avril dernier, le Réseau VOICE, organisation qui milite pour une plus grande durabilité dans le secteur du cacao, a publié son rapport Baromètre du cacao portant sur les progrès réalisés par le secteur en termes de durabilité. Et plus particulièrement, sur l’obtention d’un revenu vital pour les cultivateurs de cacao.

Selon ce rapport, la chute du prix du cacao brutale qui a eu lieu entre 2016 et 2017 portera atteinte aux progrès réalisés ces dix dernières années en matière de durabilité. Les cultivateurs de cacao ont vu leurs revenus chuter de 30 à 40 % alors qu’ils sont déjà en difficulté. Au sein de la chaîne de valeur, ils sont ceux qui risquent le plus de souffrir de cette chute de prix.

Le rapport appelle dès lors le secteur du cacao à faire davantage d’efforts pour garantir un revenu de subsistance aux producteurs de cacao. Faisant référence aux recherches telles que l’étude récente de Fairtrade sur la Côte d’Ivoire, le rapport souligne la nécessité de revoir les prix de manière holistique afin d’atteindre un revenu vital. Si le prix payé aux producteurs est essentiel, il doit être considéré dans l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis le cultivateur jusqu’aux rayons des grandes surfaces. D’autres facteurs sont importants, tels que des rendements durables (liés au revenu net des agriculteurs et pas seulement au volume par hectare afin de réduire la superficie totale des terres utilisées pour la culture du cacao), la diversification des cultures, les politiques publiques et investissements dans les infrastructures.

Fairtrade se réjouit que le Baromètre du cacao accorde une telle attention à la recherche d’un revenu de subsistance pour les producteurs. Et ce, dans le respect des droits de l’homme et de l’environnement. Cependant, quoique le secteur ait investi dans l’amélioration de la productivité des cultivateurs dans le but de promouvoir la durabilité, les dernières années ont montré que cela ne suffit pas. Dans un contexte de baisse ou de stagnation des prix, les producteurs n’échappent pas à la pauvreté.

Fairtrade a décidé de s’attaquer au problème. Cette année, nous réévaluons non seulement le prix minimum et la prime Fairtrade pour le cacao, mais nous avons également développé une Stratégie Fairtrade pour un revenu vital. Nous travaillons activement à des solutions en collaboration avec l’ensemble des acteurs secteur : des cultivateurs aux producteurs, des ONG aux gouvernements. Nous partageons l’avis exprimé dans le rapport selon lequel le secteur ne peut continuer comme si de rien n’était. Une nouvelle fois, il est urgent de s’attaquer aux problèmes de manière conséquente.

Afin de continuer à attirer l’attention sur le sort des cultivateurs ainsi que leurs revenus, Fairtrade a assisté à la Conférence mondiale sur le Cacao tenue à Berlin en avril dernier. Plus de 1 500 représentants de l’ensemble de la chaîne de production du cacao se sont réunis pour discuter des questions clés.

Le mardi 24 avril, le PDG de Fairtrade International, Darío Soto Abril, ainsi que des représentants des marques de chocolat Ritter Sport et Choba Choba, ont participé à un panel intitulé « Le commerce du cacao éthique est-il un mythe ou une réalité ? »

Ce même jour, Carla Veldhuyzen van Zanten, Senior Advisor Sustainable Livelihoods, abordait le prix du cacao à la ferme ainsi que les possibilités de l’augmenter. Elle prévoyait de s’attaquer tant à l’écart entre le revenu actuel et un revenu vital, qu’aux solutions possibles et à la nécessité d’engagements concrets pour permettre au secteur d’évoluer vers un prix équitable pour le cacao durable.

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